Le social, c’est quand les gens d’une communauté, d'un groupe oeuvrent ensemble pour se soutenir mutuellement en cas de problèmes ou de difficultés, car ils sont interdépendants et ne peuvent exister et se construire tout seuls. Une petite démonstration pratique et chiffrée de ce que le social citoyen, c'est à dire aux mains de la société civile, pourrait apporter au Sénégal s’impose.
Pour ce faire, nous allons nous baser sur quelques hypothèses que des spécialistes de la recherche en sciences humaines ou sociales pourront aisément vérifier et éventuellement amender.
Nous partons ainsi d’une population sénégalaise de 12 millions d’habitants, dont 40% sont des mineurs et 15% sont trop âgés ou trop malades pour faire du travail social. On voit tout de suite que le social ne s’arrête pas à l’âge d’une éventuelle retraite à l’européenne, il peut d’ailleurs commencer avant la majorité, mais cela complique les calculs et pour l’instant, nous en restons là. Il reste ainsi 5,4 millions d’habitants pouvant faire du travail social au Sénégal. Le social citoyen, c’est oeuvrer pour une association dans le domaine caritatif, écologique, humanitaire ou social et percevoir des MAS, monnaie complémentaire du F.CFA pour son travail.
Comme partout dans le monde, une journée au Sénégal a 24 heures, au moins une chose mondiale qui n’est pas discriminatoire, étant la même pour tous. Nous réservons dans notre calcul 12 heures à la nuit, mais aussi à l’hygiène personnelle, à l’alimentation et aux autres activités qui ne sont pas destinées à des personnes extérieures à la famille. Sur les 12 heures restantes, on utilise 10,5 heures pour travailler et gagner sa vie en monnaie nationale, donc en F.CFA dans un secteur social ou non social ou tout à fait personnel. Nous avons alors une heure et demie par jour pour faire du travail social, caritatif, humanitaire ou écologique et ceci pour chaque Sénégalais valide et pendant 335 jours de l’année, quatre semaines étant laissées aux vacances. On obtient ainsi pour chaque personne en moyenne 503 heures de travail social par an.
Lorsqu’un groupe de personnes pratiquent l’économie d’équilibre, donc une croissance choisie et réfléchie dans certains domaines et une décroissance choisie et réfléchie dans d'autres domaines, on y rémunère le travail social au tarif de 400 MAS bruts (monnaie sociale complémentaire du F.CFA) par heure, soit un revenu annuel par habitant oeuvrant dans le social de 201.000 MAS par an. Ce qui fait pour l’ensemble de la population active dans le social, la coquette somme de 1085 milliards de MAS. Quand on sait que 1 MAS vaut 1 F.CFA, on s’imagine aisément le poids d’une telle somme dans l’économie. Mais ce n’est pas tout.
Avec la MAS, 14% des revenus des actifs du social sont versés sous forme de taxes sur les revenus. 12% vont respectivement dans une caisse de prévoyance santé, une caisse de prévoyance retraite et une caisse de partage avec les pauvres. Il n’y a pas de caisse de chômage, puisque dans le monde de la MAS, il n’y a pas de chômage. La société civile sénégalaise qui doit gérer la MAS sur son territoire disposerait donc de 152 milliards de MAS pour financer sa politique citoyenne sociale. Mais en plus, elle dispose d’un peu plus de 130 milliards de MAS pour chacune de ses autres caisses sociales.
Par ailleurs, la MAS a la particularité d’être échangeable en une monnaie-temps mondiale qui s’appelle le Nibor équivalent à une heure à un taux fixe d'échange avec d'autres monnaies sociales. Il faut donner 200 MAS pour obtenir un Nibor, soit une heure de travail social. Le taux de conversion de 200 provient du fait qu’une personne oeuvrant dans le social est payée 400 MAS bruts par heure, mais reçoit 200 MAS nets. Les cotisations sur les salaires et revenus sont relativement élevées, car les organisations sociales avec lesquelles travaillent les bénévoles ne sont pas imposables en MAS et les produits disponibles en MAS ne sont pas soumis à une TVA, d’autant plus que ceux payables en F.CFA et MAS sont déjà soumis à la TVA.
En transformant les MAS dans la caisse de santé en Nibors, on obtient un peu plus de 651 millions d’heures par an pour les actifs au Sénégal et près de 1,8 millions par jour. En comptant les mineurs et les personnes trop âgées ou malades pour faire du travail social, qui sont donc elles-mêmes en demande de travail social pour améliorer leurs conditions de vie, nous avons arrivons à 6,6 millions de personnes.
Donc, une personne en demande sociale pourrait bénéficier au minimum de près de 1 heure et quelques minutes en aide sociale, soit une réduction d’autant de la somme qui serait nécessaire en F.CFA dans un pays avec une sécurité sociale qui fonctionne pour tous, car la MAS n’est pas une monnaie unique, mais une monnaie complémentaire d’une monnaie nationale pour soutenir le social.
Ce qu’il faut retenir, c’est que ce système de la monnaie sociale complémentaire permet de créer des richesses de plus 1000 milliards de mas équivalents à des F.CFA par an en valorisant les activités sociales.

Chacun des lecteurs peut participer à cette grande aventure. Le but est de remplir le container de 20 pieds à ras bord avec des objets utiles au Sénégal, donnés par des personnes en France pour être vendues en monnaie sociale au Sénégal. Les personnes qui auront la monnaie sociale auront fait un travail social pour l'obtenir, ne seront donc plus de pauvres assistés, mais pourront satisfaire leurs besoins au moyen de leur travail comme tout être qui est accepté tel qu'il est dans sa dignité.





